Benin-Agriculture Urbaine et Péri-Urbaine (Françoise Assogba Komlan)
SITUATION ACTUELLE DE L’AGRICULTURE URBAINE ET PERIURBAINE
2.1 Historique de l’agriculture à Cotonou et à sa périphérie
La ville de Cotonou s’est développée sans une réelle politique foncière (Hounkpodoté et Tossou, 2001). Le développement de cette ville dans le domaine agricole laisse croire à un développement anarchique comme signalé par plusieurs auteurs sur les autres capitales de la sous-région lors de l’atelier sur l’agriculture urbaine tenu à Ouagadougou (Burkina-Faso) en juin 1998. Il s’en est suivi une perte des terres rurales qui a contraint beaucoup de paysans urbains à occuper des parcelles non bâties afin de subvenir à leurs besoins.
L’origine de cette agriculture urbaine remonte à 1972 où une organisation non gouvernementale Néerlandaise logée au Centre National et Horticole de Ouando (Porto-Novo) a pris l’initiative d’organiser les maraîchers urbains. Le 05 janvier plus précisément de la même année, le domaine inoccupé de l’ASECNA a été identifié pour l’installation de deux cent (200) jardiniers rassemblés. L’ASECNA, à la suite de négociations, finit par accepter le principe mais sur contrat.
Avec trente cinq (35) personnes en 1972, l’effectif de ces maraîchers est passé à cent douze (112) en 1974 avec une superficie agricole utile (SAU) de 1200 m2 par personne.
La situation s’est accentuée avec la crise économique qui a conduit notre pays au gel des recrutements à partir de 1987. Avec cette nouvelle donne, les déflatés, les diplômés et autres chômeurs se sont rués vers ces types d’activités.
De façon générale, l’agriculture urbaine se développe sur de faibles superficies et comporte la production végétale, la production animale, la production halieutique, la transformation des produits agricoles et l’artisanat. Les politiques et le contexte socio-économique sont souvent défavorables.
2.2. Importance de l’agriculture urbaine et périurbaine
2.2.1. La production végétale
Dans le domaine de la production végétale, trois types d’activités sont identifiés : la culture maraîchère, la production des plantes ornementales et la production des denrées de base (maïs et manioc).
La culture des denrées de base est pratiquée sur des espaces non occupés avec une faible sécurité foncière. Ces producteurs sont des habitants voisins de ces lieux et espèrent effectuer une à deux récoltes pour leur consommation avant que la construction ne commence. Parfois, le maïs est cultivé sur des terrains abandonnés par les institutions étatiques. Cette stratégie est développée par des personnes de classe inférieure (gardiens, agents d’entretiens, etc.) afin de diversifier un tant soit peu leur source de revenu. Généralement, le maïs produit n’est pas vendu (Brock, 1999).
Quant à la production des plantes ornementales, elle reste une activité en plein essor dans Cotonou. Elle est pratiquée le long des artères principales, à proximité des zones résidentielles et sur des terres riches de Cotonou. Les plantes sont produites dans des sacs en plastiques ou dans des pots en ciment. Elles sont vendues prioritairement aux citadins dont le niveau de vie est élevé, aux commerçants et aux institutions. La plupart des grands sites de production horticole sont à proximité des périmètres maraîchers. Toutefois, il existe une spécialisation au niveau des producteurs (plantes ornementales, haie vive, plantes odorantes, etc.).
La culture maraîchère se rencontre dans plusieurs quartiers de la ville mais est très concentrée dans les zones proches des marchés de consommation des légumes où les groupes de producteurs opèrent en coopératives. Brock (op. cit) a identifié quinze (15) grands périmètres maraîchers. Ces sites sont permanents avec un bon entretien des superficies occupées. Les maraîchers de ces sites produisent en permanence des légumes (exotiques et locaux). Ils travaillent de façon efficiente et ont une bonne maîtrise des intrants utilisés, des techniques culturales (rotation, assolement). Bock (op. cit) ajoute que ces maraîchers sont des agriculteurs professionnels qui développent des stratégies pour rendre compétitive leur activité agricole. Ces maraîchers bénéficient de l’assistance des agents du Centre d’Action Régionale (CARDER) du secteur de Cotonou, de l’Agence Béninoise pour l’Environnement (ABE) et des ONG. Il faut signaler que la plupart des périmètres sont localisés aux abords de la mer sur des sols pauvres. Dans le même sens, Hounkpodoté et Tossou (2001) signalent que la production végétale la plus en vue est le maraîchage intensif qui se pratique sur huit (8) grands sites situés au cœur de la ville et concentrant 87,90% des superficies et 86,87% de producteurs. Les sites les plus importants sont les suivants :
Houéyiho occupé depuis 1972 avec 15 ha soit 41,84% avec un effectif de 334 producteurs (59% du total).
Cocotiers occupé depuis 1982 avec une superficie de 4 ha soit 11,5 % avec 27 exploitants soit 4,76,%
ONEPI : occupé depuis 1980 sur 2,5 ha avec 42 producteurs (7,40%).
Ces trois sites concentrent 60% des terres avec 71% des producteurs sur une superficie agricole utile (SAU) comprise entre 449 et 148 m2 par exploitation. Les autres sites sont : Kouhounou, Agla, Gbégamey, Cadjèhoun et champ de tire concentrant 10 ha soit 27,90 % avec un effectif de 90 maraîchers soit 15,87 % dont le plus ancien est le site de Gbégamey. A ces différents sites, s’ajoute celui de Novotel de près de 25 ha qui est une occupation récente.
Au total, 35,85 ha de SAU disponible sont exploités par 567 producteurs soit 632 m² en moyenne. Généralement avec la périphérie, cette superficie est de 856,93 m² avec un écart type de 748,16 m² et un coefficient de variation de 87,30 %, ce qui montre une forte variabilité de SAU disponible entre la pleine agglomération et la périphérie. En moyenne, les cultures maraîchères occupent 226,7 ha par an avec une variation de 86,66 ha et un taux d’accroissement annuel de 9,4%. L’agriculture urbaine produit en moyenne 6.523,95 tonnes de légumes avec une variation de 2.592,28 tonnes par an. Le taux d’accroissement est de 96,9 %. Le tableau 2.2.1 présente l’évolution de la production et de la superficie des principales cultures exotiques (chou, carotte, laitue, concombre, persil, poireau, haricot vert, etc.) et locales (amarante, solanum, vernonia, tomate, gombo, etc.) pratiquées de 1996 à 2000.
Le maraîchage prend en compte une gamme étendue de cultures exotiques et locales.
Au total, on dénombre 715 maraîchers dont 567 sont organisés en groupements ou coopératives.
En dehors des cultures maraîchères, la floriculture reste une activité en plein essor dans Cotonou. Elle est pratiquée le long des artères principales et à proximité des zones résidentielles des hauts fonctionnaires surtout expatriés.
2.2.2. La production animale
L’augmentation croissante de la population urbaine a engendré un accroissement de la demande en produits animaux et constitue une opportunité d’intensification et d’orientation de la production vers le marché.
Le mode d’élevage couramment observé au niveau de l’aviculture est celui de l’élevage au sol. Les clôtures des fermes sont généralement en briques. Le style des bâtiments varie très peu (N’Noumé, op.cit).
L’élevage moderne en claustration est plus performante et permet d’avoir plus d’effectifs. L’élevage du poulet local se caractérise par son faible niveau de consommation (Indice de Consommation =6).
On rencontre un élevage sédentaire de bovins dont les troupeaux sont de petite taille (3 à 10 têtes de bovins). En zone côtière (Cotonou et environ), cet élevage s’effectue sous cocoteraie et palmeraie, le bétail bénéficie des herbes et la plantation recevant des animaux la fumure organique dont elle a grand besoin (Aboh, op. cit.).
L’élevage des ovins et caprins dans la vallée de Cotonou est pratiquée en majorité par les hommes. Les animaux sont gardés dans des enclos, à l’air libre dans les arrières cours, dans les couloirs ou sous les hangars. Dans 28 % des cas, les animaux sont en divagation, ce qui engendre de conflits sociaux et des accidents de circulation.
L’encadrement technique se fait en rapport avec les moyens du promoteur. Ceux à faible revenu utilisent des personnes formées sur le tas tandis que d’autres emploient un personnel qualifié. Le point commun est le recours aux vétérinaires installés en clientèle privée dans la localité (N’Noumé, op.cit).
La fabrication de l’aliment se fait sur place chez la plupart des éleveurs pour des raisons de coût et de qualité, qualité qui reste difficile à évaluer, car la composition des aliments reste le secret du fabricant.
La quasi totalité des exploitations recensées est située à la périphérie des centres urbains, aussi bien les anciens élevages que les nouveaux. Cette situation offre un double avantage, celui d’éviter la pollution dans les agglomérations urbaines et celui qui permet aux éleveurs de s’approvisionner facilement en certains facteurs de production, de profiter du marché, des services et des infrastructures contrairement aux fermes implantées en zone rurale.
Le nombre d’élevages recensés dans l’Atlantique et le Littoral varieraient de 72 à 79 dont environ 48 sont localisés dans la Sous-préfecture d’Abomey-Calavi (zone périurbaine de Cotonou). Parmi celles-ci, 56 % seraient mixtes (pondeuses, poulets de chair ou coquelets) et 55 % exclusivement de pondeuses (Aboh et al, 2001).
Toutefois, Cotonou abrite d’autres espèces domestiques parmi lesquelles on peut citer :
• Bovins : 10.000/29.400 soit 34% du total de l’Atlantique et du littoral
• Caprins : 9.500/14.500 soit 65,5%
• Lapins : 600/1.578 soit 38,02 etc.
Mais avec l’urbanisation en cours, le gros bétail est poussé vers la périphérie dans les cocoteraies.
Par ailleurs, le petit élevage (aulacodiculture, héliciculture ou achaniculture, cuniculture) et l’engraissement des ovins et caprins se développent de plus en plus et jouent un rôle non négligeable dans l’apport de protéines d’origine animale dans l’alimentation des populations.
D’ailleurs, plusieurs producteurs s’associent pour mieux valoriser leur activité avec l’appui technique de certains centres tels que le projet d’aulacodiculture de Godomey, le CECURI, la FSA/UNB et des ONG.
2.2.3. La production halieutique
La position géographique de Cotonou favorise plusieurs types de pêche. Ainsi, la pêche maritime industrielle produit en moyenne 663 tonnes de produits halieutiques. Elle est en régression de 0,01% par an et représente 36,38% du tonnage total.
La pêche maritime artisanale quant à elle, est pratiquée par 952 pêcheurs dont 412 béninois soit 43,28% ; 492 ghanéens soit 51,68% et 48 togolais soit 5,04 utilisant 272 pirogues dont 170 motorisées. Elle produit en moyenne 931,77 tonnes de produits halieutiques avec une variation de 361 tonnes en plus ou moins.
La pêche continentale est essentiellement pratiquée dans le lac Nokoué par 3.800 pêcheurs utilisant divers engins dont notamment 1.331 pirogue. Elle a une production moyenne de 1.629,52 tonnes avec 738,5 tonnes de produits halieutiques en plus ou moins avec un maximum de 2515,58 tonnes et un minimum de 447,60 tonnes.
Les autres types de pêche (Acadja, trous à poissons) produisent en moyenne respectivement 37,42 plus ou moins 20,22 tonnes et 0,26 plus ou moins 0,39 tonnes. La figure 2.2.3 présente l’évolution de la production halieutique par type de pêche de 1993 à 2000 (Cf. Hounkpodoté et Tossou, 2001).
A ces types de pêche, il faut ajouter la pisciculture qui est de plus en plus pratiquée malgré que la technique ne soit pas encore maîtrisée).
2.3. Cartographie des zones de production
Ce domaine souffre du manque d’informations précises. Dans le domaine de la production végétale, de façon sommaire, on distingue deux grandes zones. Les zones marécageuses en plein cœur de la ville et les zones du littoral.
Les anciennes zones de production maraîchère sont des zones marécageuses ou de bas-fonds, des carrés non bâtis appartenant à l’Etat ou à des particuliers. En période de saison de crue, ces zones s’inondent et les activités de production sont ralenties sur la majorité de ces sites.
Les zones d’occupation récente de production sont sur des sols du littoral en bordure de la mer, non loin de l’aéroport. Ces sols inappropriés pour l’agriculture sont entrain d’être utilisés au prix d’un amendement organique important. L’élevage industriel (poule pondeuse, poulet de chair et pintades) sont observés à l’intérieur de la ville et la commercialisation des produits s’effectue soit devant les lieux d’élevages ou à des endroits spécifiques comme par exemple les carrefours, les places publiques, les marchés.
L’approvisionnement en poisson se fait au niveau des marchés, des ports de pêche ou à côté des étangs piscicoles.
2.4. Systèmes de production et stratégies d’exploitation
2.4.1. Cas de la production végétale
Les principales cultures pratiquées dans la zone urbaine et périurbaine de Cotonou sont relatives à la production des légumes (locaux et européens), la production des plantes ornementales et quelquefois certaines cultures annuelles notamment le maïs et le manioc. Les cultures maraîchères sont celles qui occupent plus les producteurs afin de répondre de façon efficace à la demande alimentaire de la population urbaine. Par ordre d’importance de revenu procuré, Adégbola et Singbo (2001) ont signalé que les légumes exotiques occupent le premier rang. Toutefois, les légumes feuilles locaux (solanum macrocarpum et amaranthus hybridus occupent en tonnage à eux seuls près de 46% du tonnage produit en 1999/2000 tout légume confondu .
Les forts tonnages en légumes feuilles locaux sont surtout atteints pendant la période de saison sèche pour satisfaire la demande alimentaire lorsque l’offre provenant des zones rurales devient insuffisante.
A Cotonou, les cultures maraîchères sont installées sur des planches de dimensions variables dont la confection nécessite de gros efforts. Des rotations de cultures observées sont très variables et sont fonction des besoins des consommateurs et des périodes.
L’utilisation des semences améliorées, des pesticides et des engrais chimiques et organique est souvent observée.
Contrairement à la production animale, les statistiques restent muettes sur les différentes catégories de producteurs existants, leur fonctionnement, les stratégies développées pour rendre compétitif leurs produits et leurs perspectives. Les résultats de l’étude entreprise par le Programme de Professionnalisation de l’Agriculture au Bénin ne sont pas encore disponibles.
Néanmoins des enquêtes effectuées par Assogba et al (2000) sur un site maraîcher de Cotonou ont montré que compte tenu de la problématique foncière à Cotonou, 2 schémas d’exploitation des parcelles sont observés par rapport à la capacité financière du producteur :
Apports massifs d’engrais organique pour un accroissement du rendement et des revenus sans souci du déplacement ultérieur avec l’évolution des villes (producteurs plus nantis).
Réduction au maximum des coûts de production pour les moins nantis et existence d’autres activités pour joindre les deux bouts.
2.4.2. Cas de la production animale
La typologie des élevages réalisée par Aboh et al (2001) indique que sur les six (06) types d’élevage identifiés dans le sud du Bénin, cinq (05) sont présents dans la ville de Cotonou et sa zone périurbaine. Il s’agit de l’élevage traditionnel, petit, semi-moderne, moderne et industriel.
L’élevage traditionnel concerne la volaille locale (poulets, pintade, canard, dinde) les chèvres guinéennes, les ovins Djallonké et les bovins lagunaires. Dans ce système, les animaux sont élevés hors de la maison et y retournent le soir. l’élevage multi-espèces est dominant et l’association des espèces dépend des moyens, de la stratégie et des préférences de l’éleveur. L’alimentation est basée essentiellement sur le pâturage naturel et les résidus de ménage. A Cotonou, les ruminants sont attachés aux piquets. La taille des troupeaux bovins (lagunaires) est souvent faible 2-5 têtes. Les soins vétérinaires sont rares. Les animaux sont vendus en cas de difficultés financières et des besoins sociaux.
Le petit élevage concerne les porcs de races métisses et rarement améliorées, les lapins, les volailles locales (poulets, pintades canards, dindes), les ovins Djallonké, les guinéennes et les bovins lagunaires. Il se pratique aussi bien par les hommes que les femmes. Il est très développé dans les zones périurbaines de Cotonou notamment Godomey. Ce type d’élevage constitue une activité secondaire pour l’éleveur. La conduite des animaux est améliorée par rapport à l’élevage traditionnel. En effet, il existe d’abris sommaires ou enclos en bois et paille, équipés de mangeoires et abreuvoirs de fortune. La production est orientée vers le marché et une partie du revenu est réinvestie dans l’amélioration des conditions d’élevage. L’alimentation est assurée à base de produits locaux collectés ou achetés.
L’élevage semi-moderne est caractérisé par une ou deux espèces importantes de race améliorée. Les espèces prioritaires sont les porcs de races métisses ou améliorées, les lapins, les aulacodes, le poisson (pisciculture avec les systèmes ‘‘trou à poisson’’ ou ‘‘Acadja’’) et l’élevage bovin sous cocoteraie. Les volailles (poulets, pintade, canard, dinde), les chèvres guinéennes et les bovins lagunaires selon les cas. Il se rencontre dans toutes les localités (par exemple sur le terrain de l’ASECNA à Cotonou). Les aliments sont achetés et les soins vétérinaires sont assurés. La productivité des animaux est de niveau acceptable malgré les conditions d’élevage très modestes.
L’élevage moderne est caractérisé par les élevages familiaux où on élève les poulets de races améliorées en plus des espèces du type semi-moderne. La qualité des infrastructures, la rigueur dans la conduite d’élevage et le système de commercialisation font la différence avec le type semi-moderne. Dans la majorité des cas, l’élevage est associé à l’agriculture. La gestion des déjections constitue une préoccupation importante.
Enfin, l’élevage industriel concerne les poules pondeuses, les poulets de chair et les pintades. Le système de production est presque totalement mécanisé avec des chaînes de distribution des aliments et de l’eau automatiques (élevage en batteries). Du fait de l’importance des effectifs, la quantité de fientes produites dépasse largement la seule demande des maraîchers. Il se rencontre principalement dans la zone urbaine de Cotonou et de ses périphéries.
2.4.3. Cas de la pêche maritime
Les systèmes de production ne manquent pas au niveau de divers types d’activité. Ainsi, au niveau de la pêche, note-t-on la pêche continentale. Celle maritime qui peut être artisanale ou industrielle et la pisciculture qui reste un système particulier de production.
La production halieutique se pratique dans le lac Nokoué communiquant avec l’océan Atlantique par environ 3000 pêcheurs d’où une surexploitation. Elle se compose de la pêche en eaux libres et de la pisciculture.
La pisciculture est peu développée, faute d’espace et du non aménagement des marécages (Assogba, 1999).
Les stratégies d’exploitation passent par des moyens de production. Ce sont donc les pirogues, l’équipement de propulsion et les engins de pêche.


